Communiqué

Le service social (SSP) du XXème arrondissement craque !

CGT - SUPAP FSU
dimanche 24 janvier 2021 - 16:21

Oui notre service est à bout car celui-ci enregistre depuis quelques mois un grand nombre de départs de travailleurs sociaux et de travailleuses sociales qui nous questionnent : 12 postes sont vacants + 2 sont à venir.

Ces départs en masse semblent être motivés par des aspirations personnelles (un nouveau travail, un départ en province…). En coulisse, on entend à chaque fois des doléances et de la souffrance par rapport au travail de polyvalence. Une jeune professionnelle exprimait récemment dans son mail de départ le regret d’avoir fait des erreurs. Cet aveu touchant de culpabilité nous concerne toutes et tous.

Comment continuer à travailler dans l’urgence sans culpabiliser ?

De fait, la responsabilité des travailleur.se.s sociaux..les (TS) est engagée. La protection de l’enfance, le RSA, la retraite, le veuvage, les obsèques, le logement, les expulsions, les prestations du CASVP, de la CAF, la sécurité sociale, les violences conjugales, le surendettement, la protection des adultes majeurs, les personnes en situation de handicap …. Dans tous ces domaines, acquérir des compétences nécessite du temps, du recul, de la réflexion mais aussi un soutien technique et institutionnel fort.

Les services spécialisés, tels que l’APA, la CNAV, la CAF, le Pôle emploi, la CPAM, censés nous apporter leur concours, sont de plus en plus absents. Faute de personnel suffisant, certains, comme la MDAA, nous demandent d’effectuer leurs missions à leur place. Stop !! Il est urgent de refuser ces demandes de suppléances.

En plus de devoir maîtriser la pluralité des dispositifs existants, savoir évaluer en deux entretiens une situation de protection de l’enfance, la direction nous oblige à utiliser des logiciels redondants (ISIS, PIAF, PEPS) et kafkaïens (SISIAO) ; et bientôt, c’est e-SIRIUS que nous devrons en plus surmonter !

Bref, on sature !

Les travailleur.se.s sociaux quittent la polyvalence car ils et elles n’y arrivent plus et bien qu’il.elle.s ne soient pas seul.le.s, il.elle.s gèrent la culpabilité d’une situation qui n’est pas de leur fait. Même si nous aimons notre travail, ce dernier est devenu INDIGESTE. On n’y arrive plus !! Alors, on part et on nous remplace…, Enfin, on essaie car tous les SSP du CASVP enregistrent un nombre de postes vacants considérable. La rotation importante TS ne suffit plus à combler les postes vacants.

C’est le serpent qui se mord la queue. Celles et ceux qui restent gèrent les dossiers de ce.lles.ux qui sont parti.e.s car ils n’en pouvaient plus, ce qui inévitablement alourdit la charge de travail de celles et ceux qui restent et renforce leur envie de partir…Les tours de rôle et astreintes pleuvent.

Comment faire cesser l’hémorragie ?

Pourtant, la situation n’a pas toujours été celle-ci. Les TS restaient auparavant plusieurs années et parfois toute leur carrière en polyvalence car elle. il.s aimaient plus qu’ailleurs le travail auprès d’une population variée du fait de son âge, catégories sociales, origines…

Mais malgré nos alertes répétées devant la dégradation continue de nos conditions de travail, ni les pouvoirs publics ni notre direction n’ont été en capacité de réagir. Il est urgent cependant :

De ne pas nous surcharger de logiciels : refuser E SIRIUS, PIAF, et simplifier SI-SIAO,
De respecter nos valeurs éthiques et déontologiques : secret partagé contre notre volonté avec le SIAO, Pôle emploi, obligation de suivi social pour percevoir une aide du service solidarité, enregistrement dans PEPS de toute personne appelante, informations confidentielles dans les données partagées
De créer un service PRPH composé d’agents qui se déplacent au domicile des personnes en perte d’autonomie. Par quel paradoxe, un service chargé du maintien à domicile, exerce-t-il ses missions uniquement au bureau ? La Ville de Paris n’a-t-elle donc pas les moyens de mettre en place un service dédié aux personnes âgées dépendantes ou aux personnes handicapées qui se rend au domicile ? Pour quelle raison ce travail (port de repas, téléalarme, aide sociale..) nous incombe ?
De maintenir un service solidarité actif, composé de personnes physiquement présentes, pour recevoir les parisiens en difficulté afin que leurs demandes ne soient pas rebasculées au service social.
De vérifier que les services publics ou privés, rémunérés pour des missions spécifiques, les effectuent : l’APA, l’ASLL ….
De maintenir un accueil physique des usagers : un premier accueil par téléphone pour une personne maîtrisant difficilement le français ou dénonçant des violences subies, est indigne d’un service social municipal !

Aujourd’hui, notre service compte 12 postes vacants et 2 sont à venir très prochainement. Le peu de postes remplacés le sont majoritairement par de jeunes professionnels auxquels il faut laisser le temps de s’adapter au terrain sans les mettre en situation de souffrance au travail et leur donner une seule envie : fuir.

Faute de communication, le silence laissé par notre direction est pesant et laisse penser à de l’ignorance/l’indifférence de nos difficultés. D’autant plus que nous avons déjà fait part de notre impossibilité de travailler avec une telle surcharge et sans réponse/dialogue avec notre encadrement N+2.

Les remplacements se font attendre et ne sont pas anticipés, la logique est inadaptée car elle ne tient pas réellement compte des besoins : une CESF doit être remplacée par une CESF, indépendamment de la prise en compte des dates de concours (prochain concours 2022). Un CDD maltraité, c’est un CDD en partance : quel bénéfice pour les collègues et usagers ? Résultat : des secteurs vacants depuis 6 mois et d’autres remplacés avant la fin des congés du TS parti.

Les quelques travailleur.se.s sociaux.les restants épongent… Évidemment, sans redistribution des 12 salaires gelés, et sans remerciement ni soutien.

Nous déplorons la communication opaque de la direction. En effet, pourquoi le tableau de tour de rôle n’est pas accessible aux TS ? L’organisation du fonctionnement de service est tout aussi illisible : Qui recevoir ? Quelles sont les règles de réception ? Les situations non urgentes sont-elles encore à mettre de côté (fiches DIP, par exemple) ?

Aussi, pour être les plus clairs et précis possible, nous vous faisons part des constats et des difficultés que nous rencontrons :

Tour de rôles récurrents et en augmentation du fait des nombreux départs et des postes vacants ; Astreintes (mêmes raisons)
Partenariat en baisse ; impossibilité de les joindre
Autres administrations ou services de la ville qui ne reçoivent plus en présentiel et renvoient au SSP ;
Pôle Emploi qui vide ses tiroirs et se fait prescripteur d’accompagnements sociaux par le biais des fiches DIP qui ne relèvent pas de l’AGPE ;
Une augmentation des situations nouvelles RSA. Il y a urgence de revoir la répartition entre les différents prestataires du fait de l’augmentation des allocataires du RSA. Le SSP ne peut et ne pourra pas tout absorber !
Augmentation des personnes qui ouvrent des droits à retraite (du fait du vieillissement démographique) et aucun partenariat avec la CNAV qui ne répond pas. Nous ne sommes pas là pour pallier les missions de la CNAV (ni des autres branches de la sécurité sociale type CAF, au passage).
Le service prestation du CASVP Surmelin qui ne reçoit plus en présentiel. En conséquence les personnes sont systématiquement orientées vers le service social pour ouvrir leurs droits,
Absence de réunions de service et d’équipe depuis quasiment un an. A regret car, ce qui fait l’attrait et la spécificité d’un SSP, c’est la possibilité de pouvoir échanger avec ses pairs sur ses pratiques professionnelles et d’enrichir ainsi son expérience professionnelle. Pour rappel, un séminaire de cadres est prévu dans nos locaux prochainement, c’est donc qu’il est possible de nous réunir en respectant les gestes barrières.
Absence d’un accueil respectueux des nouve.aux.lles. professionnel.le.s
Absence de standard et d’accueil téléphonique faute d’effectif suffisant.

Et pour finir, du fait des conséquences sociales de la crise sanitaire, nous constatons une augmentation importante du nombre de situations dans nos files actives.

C’est pourquoi, afin de maintenir un accueil et un service de qualité pour les usagers et d’assurer des conditions de travail sans risques psycho-sociaux pour les agent.e.s sur le terrain, nous demandons :

Le remplacement de tous les postes vacants.
Une communication claire, verbalisée et lisible sur le fonctionnement du service mais également sur l’articulation accueil/secteur (qui fait quoi ? Fiches de postes)
Un accueil respectueux et accompagné des nouve.aux.lles professionnel.le.s
Un tour de rôle limité aux strictes urgences
Le maintien d’un service solidarité ouvert au public
Le renouvellement des CDD en cours
L’arrêt des pressions sur les contrats RSA, fiches DIP inadaptées et des actes professionnels à renseigner (ex : CSP)
La reprise des réunions en présentiel avec un protocole sanitaire strict
La révision de la répartition des allocataires au RSA entre les différents partenaires parisiens
L’arrêt de la suppléance de nos partenaires qui ne reçoivent plus
La reprise de la réception du public par le service solidarité.

L’intersyndicale CGT - SUPAP FSU sollicite une audience dans les meilleurs délais.

Source L’intersyndicale CGT - SUPAP FSU

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