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En remontant la rue Vilin

mardi 6 novembre 2018, par Menil.Info

Ce film documentaire de Robert Bober (1992), retrace, à l’aide de photographies anciennes, la destruction progressive de ce quartier.

« Ouverte en 1863, le rue Vilin reliait la rue des Couronnes aux hauteurs de la rue Piat, à l’angle de la rue des Envierges. Son parcours remontait en pente douce selon la forme d’un S, jusqu’à un escalier d’une trentaine de marches au sommet desquelles s’étale l’un des plus beaux panorama de la Capitale.

L’endroit faisait parti d’un entrelas de ruelles et de passages qui avait mal supporté l’après guerre. Le secteur se dégradait au rythme de la lente extinction des industries de Belleville. Frappé d’insalubrité la rue Vilin, le passage Julien Lacroix et leurs voisins seront sacrifiés sur l’autel de la rénovation urbaine. Au fil des ans, les palissades et les gravas, se substiteront peu à peu aux anciens immeubles. En 1988, la construction du Parc de Belleville sur les ruines froides de l’îlot mettra un point final à l’aventure.

La rue Vilin pourtant… dont l’escalier en Y et la géographie atypique avaient captivé l’objectif des plus grands, n’était plus ! Au delà de Willy Ronis, la rue Vilin, c’est avant tout Georges Perec. Né en 1936, l’écrivain y passera les premières années de son existence, jusqu’en 1942, année au cours de laquelle sa mère fut déportée. De retour sur les lieux trente ans après, il s’évertuera à reconstituer sa mémoire occultée par le traumatisme de la guerre (Voir le documentaire de l’Ina).

A partir de 1969, tandis que les bulldozers avaient commencé leur travail, l’auteur reviendra une fois par an établir par écrit un relevé scrupuleux de ce qu’il constatait. Numéro par numéro, il reconstituera les diverses pièces de ce puzzle de pierre promis à la destruction. Tel le médecin au chevet d’un condamné, il ne pouvait que constater l’inexorable disparition de cet endroit qui persistait à le fuir. Suivre Perec le long de la rue, c’est sentir les immeubles s’effriter à mesure de notre passage. Ses rapports, d’une perturbante précision, possèdent ce pouvoir de suggestion qui offre à l’imaginaire cette ultime part de liberté. L’agonie fut longue.

Le coup de grâce sera donné en 1981 quand le numéro 24 qui abritait le « magasin » de coiffure de sa mère sera à son tour mis à terre. Ironie du sort, l’écrivain nous quittera l’année suivante, comme si l’impossibilité de poursuivre cette quête ne laissait plus d’issue à cette vie dont il s’acharnait à comprendre les traces. Sans doute vais je un peu loin (...) » Source

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