Le soir où 200 punks ont attaqué la police

mardi 16 octobre 2018, par Menil.Info

Le 12 avril 1986, la fermeture expéditive du squat l’Usine à Montreuil donne lieu à une nuit d’affrontements entre punks et forces de l’ordre.

Entre voitures retournées, cabines téléphoniques saccagées et interpellations musclées : retour sur cette soirée mouvementée qui marquera un tournant au sein de la scène squat parisienne.

Lundi 14 avril 1986. Le hasard veut que FR3 diffuse ce jour-là à 16h05 La Fureur des Hommes, western impitoyable d’Henry Hathaway. Les journaux eux titrent sur l’emploi chez les jeunes, la concertation européenne face à Kadhafi, la victoire de Sean Kelly au Paris-Roubaix, le retour du pastel et la Toute-Puissance de Christophe Lambert.

À l’exception notable du Parisien, qui coûte 4 francs 40 mais dont la Une, elle, n’a pas de prix. En gros caractères sur toute la page : "200 punks attaquent la police", en écho aux évènements du week-end. 48 heures plus tôt, éclataient en effet à Montreuil, près de la station de métro Croix de Chavaux, une bataille rangée entre punks et policiers qui se poursuivra tard dans la nuit jusqu’en plein centre de Paris.

À l’origine de ces affrontements : la fermeture particulièrement mal négociée du squat L’Usine, lieu de ralliement de la jeune scène rock française et du mouvement autonome, juste avant un concert très attendu, réunissant La Souris Déglinguée, Les Satellites et Audrey Lovers (...)

« On s’est postés aux bouches du métro Porte de Montreuil et on a appelé le public à nous rejoindre. Le but était clair : reprendre l’Usine. »
Gérald Biot

Dans les jours qui suivent, les faits bénéficieront d’une couverture médiatique inespérée.

En marge de la désormais légendaire Une du Parisien, ce sont plus d’une quinzaine d’articles qui paraîtront avec des titres tous plus délirants les uns que les autres : "200 punks réinventent Mai 68 à Montreuil", "Quand la police mène un bal punk à Montreuil", "Punks contre police à Montreuil".

La télévision ne sera évidemment pas en reste avec des sujets dans le journal de midi d’Hervé Claude sur Antenne 2 et dans l’émission 7 Sur 7 sur TF1, où se croiseront les déclarations nauséabondes de Pierre-Marie Guastavino ("Cette musique est le vecteur d’un rejet total des valeurs traditionnelles, qu’elles soient familiales, religieuses, patriotiques, morales ou culturelles"), conseiller RPR de Paris et délégué à la culture, et celles, étonnamment plus bienveillantes d’Elisabeth Badinter ("Ma fille allait à ces soirées et je peux vous assurer que c’est un lieu qui va manquer").

Mais peu importe le vacarme, le mal est fait : l’Usine appartient désormais au passé et il faut maintenant repartir de zéro (...)

Par Lelo Jimmy Batista
4 octobre 2017

- Lire l’article entier sur redbullmusicacademy.com

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