Réservoir de Charonne

Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

mardi 29 janvier 2019 , par Menil.Info 2 commentaires

Il y a les adversaires déclarés du mouvement écologique, qui pensent comme des conservateurs : business as usual, nucléaire c’est propre, pesticide c’est utile, la voiture c’est mieux, etc. Et puis il y a les controverses internes de la mouvance écolo.

«  A Paris, les germes de la discorde freinent l’essor de l’agriculture urbaine  » titre LEMONDE*. D’un côté Le Paysan urbain, l’entreprise choisie par la mairie pour exploiter le toit du réservoir enterré de Charonne (6 747 m²). De l’autre France nature environnement (FNE) qui défend des espaces de respiration dans une cité pauvre en jardins publics. D’un côté produire chaque année 25 à 30 tonnes de graines germées dans des bacs. De l’autre FNE : « Le projet de Charonne paraît vertueux, mais dans les faits, on supprime une prairie pour la couvrir de serres en plastique !  » Les bienfaits de la nature en ville contre la ville des jardins potagers.

Face à ce dilemme, quel est le point de vue de ce blog biosphere ?

Certains essayent désespérément de trouver des solutions agricoles en milieu urbain. Il y a les tentatives de villes en transition (Rob Hopkins), la bonne idée des AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la vogue des locavores, les incroyables comestibles, etc. Mais les villes étendent leurs tentacules dans toutes les directions et stérilise toujours plus loin les sols.

Les bétons et goudrons de la capitale française ne se prêtent pas aux plantations en pleine terre. La solution de long terme se trouve dans la désurbanisation, l’exode urbain qui succédera à l’exode rural. Rappelons-nous. Vers 650 de notre ère, un effondrement vertigineux a frappé l’empire romain. La cité de Rome comptait près de 700 000 habitants, il n’y en avait plus que… 20 000. Après l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle, nous redeviendrons paysan à la campagne.

Place maintenant aux commentateurs qui s’écharpent sur lemonde.fr.

Vu d’Abidjan : Article du MONDE très intéressant car il montre parfaitement que l’enfer est pavé de bonnes intentions en matière d’écologie et d’aménagements urbains.

Prosper : Bataille de bobos dans la boue de Paris : J’attends avec impatience le résultat de ce match de catch !

Henri : Les bobos n’existent pas, lire ce livre : « Son usage et ses variantes (« boboïsation », « boboïsé ») tendent à simplifier, et donc aussi à masquer, l’hétérogénéité des populations et la complexité des processus affectant les espaces urbains qu’ils prétendent décrire ». En revanche l’aspiration des habitants, des enfants des villes, à connaître la nature signe une aspiration au bonheur. L’existence d’espace sauvage entre dans cette démarche.

CLAUDE HUTIN : La nature, ce n’est ni le potager en terrasse dans le 8ème, ni même le bois de Boulogne : il n’y a rien de sauvage dans ces espaces hyper-urbains. La place est chère à Paris, consacrons-la à des bars en rooftop, à des terrains de basket ou de badminton, à des jeux pour enfants, bref au bien-être de la population. Les bobos écologistes prendront le train, comme tous les parisiens, pour aller montrer la nature, la vraie, à leurs enfants.

Youp la Boum @ CH :Vous devriez vous renseigner auprès de vos amis sur le coût réel de dépollution de friche industrielle (également payé par des impôts lorsque lesdits industriels changent de raison sociale)

CLAUDE HUTIN @Youp : Selon l’ADEME, 55 € HT/m2 de surface de plancher (https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/etude-economique-sur-reconversion-friches-urbaines-polluees-2012.pdf). Je vous rappelle que le prix du m2 parisien habitable est de l’ordre de 10 000 euros (et il y a plusieurs étages dans un immeuble)…donc quand on convertit un réservoir en potager au lieu de bâtir, on fait bien n’importe quoi au plan économique.

Jeavie : Article grotesque, c’est Marie Antoinette hidalgo qui joue à la fermière. Ces quelques milliers de m2 de culture en plein Paris sont totalement ridicules. Allez donc vous approvisionner sur les marchés ou les maraîchers d’Essonne et de Seine et Marne, qui, eux,ont de la place, apportent chaque jour des produits frais qui ne font que quelques km pour arriver.

Buenaventura @ Jeavie : Quelle blague ! On détruit chaque années des millions d’hectares de terres agricoles, qu’on transforme en zones commerciales, en zones industrielles, en parkings, en élargissements de routes et de carrefours…

le sceptique : Les écolos qui lisent si nombreux ces pages devraient quand même débattre avec leurs camarades de l’image qu’ils donnent. On avait déjà la guerre judiciaire pour le friche de Romainville où un projet d’inspiration plutôt écolo est attaqué par des écolos, maintenant c’est la bataille à boboland entre circuit court et espace vert. Cela devient pathétique, il est fort difficile d’intéresser le lambda aux questions environnementales, nos purs esprits s’entre-déchirent pour être plus pur que pur.

Dance Fly @ le sceptique : vous nous l’aviez pas encore faite celle-là. Eh oui il y a parfois des divergences entre écolos. Je reconnais volontiers que dans le camp adverse (auquel vous appartenez avec Untel, Claude Hutin & co) il n’y a que des convergences : pro-pesticides, pro-nucléaire, pro-OGM….

* LE MONDE du 22 janvier 2019, A Paris, les germes de la discorde freinent l’essor de l’agriculture urbaine

- Source http://biosphere.blog.lemonde.fr/

Commentaires

  • 1. Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?
    29 janvier, 17:21, par Marijuline

    Peut-on vraiment parler de "controverses internes de la mouvance écolo" ? La folie actuelle d’hyper exploitation du moindre lopin de terre restant dans Paris que ce soit pour y construire des immeubles ou des bâtiments "d’agriculture urbaine", c’est toujours le même modèle consumériste destructeur de nature. Il n’y a que le greenwashing qui l’entoure qui s’est remarquablement sophistiqué !

  • 2. Destruction de la prairie de Charonne par Parisculteurs et Eau de Paris
    31 janvier, 14:15, par Menil.Info

    Agriculture urbaine ne rime pas nécessairement avec écologie malheureusement.

    On pourrait croire à force de propagande que la ville de Paris se préoccupe d’écologie, c’est au contraire la dernière roue du carrosse où l’attractivité économique et les vastes opérations d’urbanisme et de bétonnage mènent des chevaux fous.

    Détruire la vaste prairie du réservoir d’eau non potable de Charonne pour la remplacer par de la culture hors sol sous bâches plastiques est un contresens écologique évident.

    Notre association France Nature Environnement Paris combat ces mauvais projets avec détermination, mais notre recours déposé en décembre 2017, n’empêche pas la ville, supposée attendre le jugement, de passer en force, les travaux de destruction ont commencé (...)

    Lire la suite :
    https://www.facebook.com/notes/france-nature-environnement-paris/destruction-de-la-prairie-de-charonne-par-parisculteurs-et-eau-de-paris/1152569004899862/

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